L'Echo de l'Oubli
Le ciel est devenu l'hécatombe des réprouvés, les flammes de l'enfer se sont déchaînées, dans l'inextinguible brasier qui emporte la vie, ce qui fut n'est plus que désolation.
Dans le pays qui fut promis à la félicité le désarroi s'empare maintenant de l'esprit. Au milieu des vestiges d'une histoire millénaire, prenant racine dans les terres du croissant fertile, qui a vu des mythes naître, des dynasties se succéder, et des inventions façonner le monde moderne, sont dorénavant réduites à une enclave.
Un oubli amer, la pluie s'abat maintenant sur eux sans effacer leur peine, ni leur deuil. Au milieu des gravats, Il ne reste plus que des tentes, l'eau s'infiltre, le froid s'immisce, la famine persiste, la fatigue s'empare de tout leur être, et le vent souffle, achevant les derniers rêveurs.
Rêver, est-ce donc devenu une lubie ? Emprisonnés dans le courroux perpétuel que le vaillant peuple de la lumière a décidé de leur infliger.
“O peuple des ténèbres, natif de votre terre natale, votre enfer a été créé sur mesure, chaque supplice que vous subirez sera justifié par nos enfants qui perpétueront l'ineluctable. Contrée ancestrale où naissent les chimères, promise à une destinée irrévocable, et profanée par la déréliction humaine. La fin du monde est déjà sur vous, parce que l'humanité s'est égarée.”
Et lorsque la vie subsiste, elle doit se confronter à l'ignominie, engendrée par l'armée la plus morale du monde, pourfendeuse du mal enracinée, et à l'éventail de tortures innommables, de la main des enfants du peuple élu, éclairés par des cieux cléments.
Les peuples natifs incarnent les ténèbres, tous les damnés de la terre semblent revêtir le manteau de l'anathème, et subir le châtiment qu'on réserve à celles et ceux, qui, par leur enracinement et leurs gènes, détiennent les clés d'une vérité que la civilisation s'évertue à dissimuler.
La fin des temps commence lorsqu'on abandonne un peuple entier à un sort pire que la mort. Le jugement dernier n'est pas un fait divin, il résulte de l'imaginaire de l'homme, qui s'est inventé des prophéties pour justifier sa domination et son hégémonie.
Terres millénaires qui n'ont plus le droit d'être nommées, regorgeant de trésors qui suscitent les convoitises des uns et des autres.
Palestine, tu peux être effacé des mappemondes, ou être administré par le conseil de l'abomination, tu demeures dans nos mémoires, tu résides partout là où un souimanga de Palestine se pose sur la branche d'un olivier.
À tous les peuples oubliés ; ce qui est inestimable, c'est leur détermination à résister, à rester sur le lieu qui les a vu naître, à combattre la doctrine, ou l'idéologie qui les oppresse, puis transmettre à nouveau cet amour, d'une génération à une autre, pour qu'enfin puisse advenir la fin de ce cycle mortifère.
Écrit le 29 Janvier 2026
Younis M.